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Publié le 09 octobre 2019

Le CHRU de Brest est le premier hôpital public français à se doter d' un cytomètre de masse Hypérion

 

TRAITEMENT ET RECHERCHE CONTRE LE CANCER : UNE TECHNOLOGIE UNIQUE ARRIVE À BREST

 

 

Le CHRU de Brest est le premier hôpital public français à se doter de cette technologie

 

Brest, le 9 octobre 2019 Début septembre, le CHRU de Brest et l’Université de Bretagne Occidentale ont acquis un cytomètre de masse imageur, également appelé Hypérion®. Première structure hospitalo-universitaire française à posséder un tel appareil, le CHRU de Brest et l’UBO disposent désormais d’une force de frappe pionnière contre le cancer. Cet équipement de pointe est capable de mieux caractériser les cellules cancéreuses en identifiant celles initiatrices de tumeurs et de métastases, aussi bien dans le sang qu’au sein des tissus, et en répondant à des questions fondamentales sur la résistance aux traitements anticancéreux.

 

 

Une technologie unique pour la recherche contre le cancer et des applications thérapeutiques nouvelles

 

Comme dans la mythologie grecque où le titan Hypérion était doté d'une force incroyable, la nouvelle technologie dont disposent désormais le CHRU de Brest et l’UBO a une capacité extraordinaire d’observer les caractéristiques propres de chaque cancer avec une précision inégalée.

 

Jusqu’à récemment, aucune technologie n’était en mesure d’étudier, à grande échelle et à une résolution unicellulaire, les modifications des voies impliquées dans la survie d’un clone tumoral. Hypérion® est un cytomètre de masse imageur, à haut débit et multiparamétrique, qui permet de mesurer simultanément l’expression de plus de 40 biomarqueurs différents dans une seule biopsie, alors que les praticiens sont aujourd’hui limités à deux ou trois.

 

« Aujourd’hui, quand on réalise une biopsie (prélèvement de tissu ou d’organe), il est seulement possible d'identifier deux à trois marqueurs, qui permettent d’orienter un traitement. L’appareil dont est doté le CHRU, le cytomètre de masse imageur ou Hypérion®, permettra d’identifier 40 marqueurs simultanément », détaille Jacques-Olivier Pers, qui est Professeur des universités - praticien hospitalier à l’UBO et qui dirige l’Unité mixte de recherche "Lymphocytes B et Autoimmunité" (UMR 1227 UBO – INSERM LBAI).

 

Identification des cellules cancéreuses et analyse des marqueurs de rechute

Grâce à Hypérion®, les chercheurs pourront être en mesure de comprendre pourquoi un traitement est efficace sur un patient et inefficace chez un autre. Grâce à ses capacités d’analyse dans le sang, il est également possible d’identifier les cellules à l’origine de tumeurs et de métastases, de prédire plus facilement les réponses aux traitements, mais aussi d’identifier très précocement des marqueurs de rechute ou les bases de résistance à un traitement anticancéreux, et ce à l’échelle de la cellule.

Cet équipement pourra aussi permettre de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques et d'accompagner le médecin dans le choix de son traitement.

 Hypérion® permettra ainsi au CHRU de Brest de proposer une médecine de précision et personnalisée, d’offrir aux praticiens des capacités thérapeutiques uniques ainsi que de développer de nouveaux essais cliniques collaboratifs en France, en Europe et à l'international.

Forte de l’expertise et de la notoriété de leurs chercheurs, l’UBO et l’INSERM contribueront au développement de cette technologie pour les applications cliniques et la compréhension fondamentale des stratégies anti-cancer, notamment par l’immunothérapie personnalisée.

 Les possibilités thérapeutiques offertes par l’Hypérion® sont de :

 

  • Prédire la maladie et son évolution,

  • Mieux diagnostiquer les cancers agressifs,

  • Améliorer la prise en charge thérapeutique,

  • Prévenir les effets indésirables des traitements et leurs complications,

  • Assurer un suivi optimal et individuel de chaque patient,

  • Mieux évaluer un potentiel risque héréditaire de développer la maladie,

  • Favoriser le développement de nouveaux essais cliniques collaboratifs à la pointe bretonne.

 

 

« Cet outil sera également applicable à de nombreuses autres maladies, il s'agit d'un dispositif extrêmement novateur offrant des possibilités uniques » précise le Professeur Jacques-Olivier Pers. « Nous nous donnons deux ans de développement avant d'envisager des applications directes pour le patient»

 

 Brest, premier centre hospitalier public français à être doté de cette technologie

 Technologie de pointe de la médecine de précision, l’Hypérion® est installé dans les locaux du CHRU de Brest, au LBAI (UMR 1227 UBO - INSERM), depuis septembre dernier.

 

Le financement de cet appareil, dont le coût avoisine le million d’euros, a été rendu possible grâce à la mobilisation collective des acteurs du territoire et INNOVEO, le fonds de dotation du CHRU de Brest.

 

Alors que le portage financier a été assuré par l’UBO, le financement de l’Hypérion® n’aurait pu se faire sans la participation du Fonds Européen de Développement régional (FEDER), du CHRU de Brest et de son fonds de dotation INNOVEO, du Conseil départemental du Finistère, de Brest Métropole, du Labex Immunothérapie Grand Ouest, et de l’INSERM. L’élaboration du cahier des charges préalable à l’achat et les contacts fournisseurs ont pour leur part été réalisés par la direction des équipements biomédicaux du CHRU de Brest qui assure l’exploitation et la maintenance de l’équipement.

  « Ce nouvel équipement va permettre de développer à Brest une médecine de précision offrant des capacités thérapeutiques uniques », explique le Professeur Jacques-Olivier Pers, PU-PH, directeur du laboratoire LBAI (INSERM-UBO). « Son acquisition, rendue possible par de nombreux acteurs locaux, est un facteur d’attractivité économique et scientifique, capital pour notre région. »

 

Le plan de financement finalisé :

FEDER

498 639,18 €

INNOVEO

218 637 €

CHRU de Brest

140 000 €

Brest Métropole

50 000 €

Conseil départemental 29

50 000 €

INSERM

50 000 €

Labex IGO

50 000 €

Total

1 057 276,18 €

 

À propos des différents partenaires de l’Hypérion®

 À propos du CHRU de Brest

Le CHRU de Brest se positionne comme le premier acteur de santé de Bretagne occidentale, avec 7 974 agents répartis sur 9 sites, 2 544 lits et places. Il propose une offre de soins très complète en médecine, chirurgie, cancérologie… et de nombreuses spécialités comme la psychiatrie, la gériatrie, ou encore la pédiatrie et la gynécologie. En 2018, les professionnels du CHRU ont accueilli plus de 413 000 personnes en consultation, enregistré plus de 94 500 passages aux urgences et réalisé plus de 25 800 interventions au bloc opératoire.

Grâce au développement de partenariats avec d’autres établissements, et notamment le travail à temps partagé, le CHRU propose une offre de soins sur tout le territoire.

En tant qu’établissement associé à l’Université de Bretagne Occidentale, le CHRU mène également une politique très active en matière de formation et de recherche.

  À propos de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Fondée en 1971 à la pointe de la Bretagne, l’Université de Bretagne Occidentale est une université fondamentalement pluridisciplinaire (303 formations en 2018) en phase avec les mutations sociales, économiques, politiques, culturelles ou environnementales de nos sociétés et les défis associés qui a accueilli 21 920 étudiants en 2018-2019.
L’UBO, ce sont 632 enseignants-chercheurs et 32 Unités de Recherche (2018), dont la moitié est affiliée à un établissement public à caractère scientifique et technologique (CNRS, INSERM, IRD) et/ou un établissement public à caractère industriel (Ifremer) et dont certaines sont associées au CHRU de Brest. L’organisation en quatre axes de recherche : Mer, Sciences de l’Homme et de la Société, Numérique/Mathématiques, Santé/Agro-matière est construit de façon à favoriser les échanges interdisciplinaires et l’émergence de projets de recherche structurants. Résolument tournée vers l’innovation et la valorisation, la recherche à l’UBO porte sur des thématiques en prise avec les problématiques de la société contemporaine, notamment les grands défis autour de la  santé personnalisée et de précision.
Bénéficiant d’un ancrage et d’un maillage territorial forts, elle est naturellement tournée vers la mer (12e rang mondial au classement de Shanghai, catégorie « océanographie » en 2018) mais son rayonnement national et international bénéficie aussi notamment de ses forces en sciences et technologies de l’information, en sciences humaines et sociales comme en sciences de la santé.
Ouverte sur le monde, l’UBO affirme et structure son positionnement, tant sur le plan scientifique que pédagogique grâce à de nombreux partenariats avec des universités du monde entier, notamment la Chine, le Canada, l’Australie, l’Afrique du Sud et bien sûr l’ensemble des pays de l’Union Européenne.

 À propos de l’UMR1227

L’UMR 1227 "Lymphocytes B et Autoimmunité" (LBAI) est une unité de recherche de 25 personnes de l'UBO et de l’INSERM qui fédère autour du laboratoire d’immunologie plusieurs entités cliniques du CHRU de Brest (rhumatologie, hématologie, néphrologie et odontologie) sur un axe de recherche voué à l’étude du lymphocyte B (LB) normal et pathologique. Les maladies auto-immunes étudiées sont : le syndrome de Gougerot-Sjögren, le lupus érythémateux disséminé, la polyarthrite rhumatoïde et les vascularites systémiques. D'autres modèles peuvent permettre de mieux comprendre les défauts observés dans l'auto-immunité comme les lymphoproliférations (leucémie lymphoïde chronique), le rejet de greffe rénale ou la maladie parodontale.

Les maladies auto-immunes sont courantes, chroniques et imposent collectivement un lourd fardeau de soins de santé. Alors que des traitements sont disponibles, la réponse et la progression de la maladie sont imprévisibles chez chaque patient. Le profilage moléculaire et l'intégration de données "multi-omiques" constituent une nouvelle approche pour stratifier les individus atteints de maladies cliniquement hétérogènes, non seulement dans un but de reclassification, mais également pour identifier la base moléculaire de leur pathogénie et les nouveaux biomarqueurs potentiels de progression, de sévérité de la maladie et de réponse aux traitements. 

Cette approche est soutenue par nos plateformes techniques (cytométrie en flux et Hypérion, EpiGenBrest, CalciScreen, Bioinformatique), nos biocollections uniques, nos réseaux internationaux et nationaux (projet européen IMI PRECISESADS, projet européen H2020 HarmonicSS, projet Européen IMI2 NECESSITY, projet Européen IMI2 3TR, Labex IGO, Cancéropôle Grand Ouest ...) et nos essais cliniques en cours ou à venir (5 PHRC).

 À propos de l’INSERM

L’INSERM est le premier organisme de recherche biomédicale public en Europe. Les 15 000 chercheurs, ingénieurs, techniciens et personnels administratifs, qui travaillent à l’INSERM et dans ses laboratoires, ont un objectif commun : améliorer la santé de tous, en étudiant et faisant progresser les connaissances en sciences de la vie, sur les maladies et leurs traitements.

Depuis sa création en 1964, l’INSERM a participé à des avancées médicales historiques et décisives : les premiers tests de diagnostic prénatal, les mécanismes du système immunitaire HLA, la première fécondation in vitro, l’identification du VIH, la radiothérapie contre le cancer, la première greffe de peau, la stimulation cérébrale profonde, la thérapie génique, les nouvelles techniques d’imagerie…

L’INSERM compte plus de 350 structures de recherche, réparties sur l’ensemble du territoire français et à l’étranger. Elles sont accompagnées par 12 délégations régionales pour une gestion de proximité.

Sur la scène internationale, l’INSERM est associé aux grandes institutions engagées dans les défis et progrès scientifiques. Chaque année, plus de 6 000 coopérations avec des partenaires étrangers sont mises en œuvre.

L’INSERM est présent dans le Grand Ouest (régions Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire) pour accompagner 31 structures de recherche dont 3 laboratoires et un Centre d’investigation clinique à Brest.

 À propos d’INNOVEO

INNOVEO, c’est le Fonds de dotation du CHRU de Brest. En tant qu’organisme d’intérêt général à but non-lucratif, INNOVEO a pour objet la promotion, le développement et le soutien de la recherche en santé et de l’innovation médicale en Bretagne occidentale.

Lancé depuis fin 2016, INNOVEO a déjà collecté plus d’1 million d’euros et regroupe aujourd’hui plus de 3 500 donateurs.

4 projets de recherche ont ainsi pu être financés et 9 autres projets sont en cours de financement.

INNOVEO est géré par un conseil scientifique et un conseil d’administration. Le conseil d’administration, présidé par M. Philippe El Saïr, directeur général du CHRU de Brest, décide par délibération des orientations stratégiques du fonds de dotation et approuve l’affectation des ressources aux différents programmes de recherche.