Rencontre avec Adèle Yon, autrice de « Mon vrai nom est Elisabeth »

CHU de Brest
26/01/2026
Adele

Rencontre avec Adèle Yon, autrice de « Mon vrai nom est Elisabeth », une réflexion autour de la folie, de la schizophrénie, de la façon dont on la traite, de la façon dont la psychiatrie se met au service du social.

Mardi 10 février à 11h00, self de l’Hôpital de Bohars.

Un échange ouvert à tous les professionnels du CHU

« Mon vrai nom est Élisabeth » est une enquête menée par l’autrice pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Élisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène et qui a subi une lobotomie dans les années 1950. 

Aujourd’hui, un quidam serait interrogé pour dire ce qu’il pense de cette pratique, il vous répondrait probablement avec effroi qu’il s’agit d’une technique psychiatrique d’un autre âge. Mais saviez-vous pourtant que l’invention de cette méthode « thérapeutique » a valu à Egas Moniz le prix Nobel de médecine en 1949 ?

Saviez-vous également qu’elle a été pratiquée en France jusqu’en 1986 ?

Quand Adèle Yon, en cherchant à déterrer les souvenirs ensevelis de son histoire familiale, se mêle d’interroger cette pratique médicale, elle ne se contente pas de nous obliger, en tant que soignants, à porter un regard critique sur le passé, nous offrant dans le même mouvement l’occasion de nous rassurer en nous disant que les choses ont bien changées depuis. Certes, elle nous convoque sur ce qui peut justifier que son arrière-grand-mère ait pu subir une leucotomie en 1950. Mais prise dans ses propres tourments, comme double fantôme d’Élisabeth, Adèle nous demande aussi ce que la science peut bien lui dire de la souffrance, de la folie, de la schizophrénie, de la façon dont on la traite, de la façon dont la psychiatrie se met au service du social.

À l’horizon de cette quête, l’autrice nous laisse finalement ce sentiment d’une réponse improbable. C’est alors qu’une autre perspective devient possible : à défaut d’obtenir une réponse, la question de savoir ce que ce récit peut nous enseigner se dévoile à son tour. De soignant sachant, le lecteur avisé glisse progressivement à la place de celui qui se demande ce que la littérature peut bien lui apprendre. Alors si vous aussi, à la lecture de ce livre, vous vous êtes posé la même question, cette rencontre est faite pour vous. Et si vous ne l’avez pas encore lu, c’est un livre à découvrir sans hésitation.

Une 1ère rencontre est également programmée chez Dialogues le 9 février, sur réservation auprès de la librairie.