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Le propofol après l’anesthésie : un enjeu écologique
Le propofol est un anesthésique intraveineux incontournable dans les pratiques actuelles. Toutefois, au-delà de ses qualités cliniques, sa gestion après administration soulève des enjeux environnementaux majeurs. Non biodégradable, toxique pour les écosystèmes aquatiques, et difficilement éliminé par les systèmes classiques de traitement des eaux, le propofol nécessite une incinération à 1 000°C pour une destruction complète. Ce processus est énergivore et générateur d’émissions de CO₂, posant un dilemme écologique important.
Dans ce contexte, une enquête a été menée entre janvier et avril 2024 auprès de professionnels de l’anesthésie dans quatre établissements hospitaliers français.
Cette enquête a été promue par le CHU de Brest, en étroite collaboration avec l’Institut de Formation des Professionnels de Santé (IFPS), dans le cadre du travail d’étude de Delphie Duparc. Elle visait à mieux comprendre les pratiques de gestion des déchets de propofol et le niveau de sensibilisation des soignants à ses effets écotoxiques.
Sur 197 professionnels interrogés, 118 ont répondu, dont des médecins anesthésistes et des infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE).
Les résultats révèlent que 85 % des répondants se déclarent conscients de la toxicité environnementale du propofol. Cependant, 70 % jettent encore les seringues usagées dans la filière des déchets non dangereux, souvent inadaptée. De plus, la moitié des répondants ne vide pas les seringues avant élimination, exposant les milieux naturels à une contamination évitable.
L’étude souligne également un déficit d’informations concernant les filières de traitement des déchets hospitaliers. Moins de la moitié des professionnels connait précisément les méthodes utilisées pour les déchets infectieux et non infectieux dans leur établissement.
La gestion des déchets de propofol illustre bien le dilemme entre sécurité sanitaire et durabilité écologique. Si l’incinération à haute température reste la méthode la plus fiable, elle est aussi la plus polluante. À l’inverse, l’enfouissement présente un risque de contamination des sols et nappes phréatiques. Réduire le gaspillage à la source constitue donc une priorité, notamment en adaptant les conditionnements et en évitant la préparation anticipée des seringues.
Pour progresser vers une anesthésie plus durable, il est essentiel de renforcer la sensibilisation, d’élaborer des protocoles adaptés, et de favoriser la collaboration entre services cliniques, pharmacie et hygiène hospitalière. La responsabilité collective est de mise pour transformer les pratiques et minimiser l’empreinte environnementale des soins.
Ce travail a contribué à sensibiliser les professionnels à cette problématique et ouvre la voie à des actions concrètes pour un avenir plus durable. Pour consulter la publication complète dans le British Journal of Anaesthesia.