Neuromonitoring chirurgical : la sentinelle qui sécurise les interventions les plus complexes

CHU de Brest
14/09/2026

Le neuromonitoring est un véritable système d'alerte au bloc opératoire, il permet de détecter précocement les situations à risque. Au CHU, cette expertise est aujourd'hui portée par le Dr Vanessa Saliou, neurologue, au sein du service des Explorations Fonctionnelles Neurologiques dirigé par le Dr Steeve Genestet.

Apparu aux États-Unis, le neuromonitoring s'est imposé avec l'évolution des pratiques chirurgicales et la nécessité de mieux sécuriser les interventions à proximité des structures nerveuses.

Au CHU, cette activité s'est développée dès la fin des années 1990, sous l'impulsion du Dr Gildas L’Heveder, initialement pour accompagner les chirurgies des scolioses idiopathiques pédiatriques. Lors du redressement de la colonne vertébrale, la moelle épinière peut en effet être mise en tension et nécessite une surveillance spécifique. « Le neuromonitoring a naturellement accompagné l'essor des techniques chirurgicales, qui deviennent de plus en plus complexes et donc de plus en plus à risque pour les zones fonctionnelles », rappelle le Dr Steeve Genestet.

Cette évolution a profondément modifié les pratiques. Autrefois, certaines interventions nécessitaient un réveil temporaire du patient au cours de l'opération afin de vérifier sa motricité. Le monitoring permet désormais d'obtenir ces informations en continu, sans interrompre le geste chirurgical.

 

Une véritable vigie au bloc opératoire

Pendant l'intervention, neurologues, chirurgiens et anesthésistes travaillent en étroite coordination. Les signaux électriques issus du système nerveux sont surveillés en permanence. Toute modification inhabituelle peut être immédiatement transmise au chirurgien afin qu'il adapte sa stratégie opératoire. « On alerte dès que l'on suspecte une souffrance de la moelle et, dans l'immense majorité des cas, cela permet d'éviter les complications », souligne le Dr Vanessa Saliou.

Cette capacité d'anticipation constitue la principale force du neuromonitoring : il ne vient pas constater une complication, mais contribuer à l'éviter. Pour les patients, l'enjeu est majeur, avec une réduction du risque de séquelles neurologiques, de troubles moteurs ou de handicap après l'intervention.

 

De la chirurgie du rachis aux tumeurs médullaires et cérébrales

Initialement développé pour la chirurgie du rachis, le neuromonitoring voit aujourd’hui ses indications s’étendre à d’autres interventions neurochirurgicales. Au CHU de Brest, les équipes développent l’adaptation des techniques d’électrophysiologie au profit d’interventions au sein de la moelle et du cerveau. L'objectif reste le même : surveiller en temps réel les fonctions neurologiques pendant l'opération afin d'aider le chirurgien à préserver les zones fonctionnelles les plus sensibles. Une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives pour sécuriser des interventions toujours plus complexes.

 

Brest, un savoir-faire qui rayonne

Avec 70 à 80 neuromonitorings réalisés chaque année, le CHU figure parmi les centres français les plus expérimentés. Cette expertise est mise à profit pour mener des travaux de recherche : au travers de collaborations nationales et internationales, avec le Laboratoire de traitement de l’information médicale (LATIM), ou encore avec Bicêtre, l’équipe Brestoise participe à la conception des outils de neuromonitoring de demain.

Le CHU s’implique également dans la formation, avec notamment cette année l’accueil de l’équipe du CHU de Rennes, contribuant ainsi à diffuser les bonnes pratiques d'une discipline appelée à devenir le standard des chirurgies à risque neurologique.