Le Pr Eric Stindel finalise ce jour ses 2 mandats à la Présidence de la CME du CHU.

CHU de Brest
03/11/2025
Stindel

Le Pr Eric Stindel finalise ce jour ses 2 mandats à la Présidence de la CME du CHU.

Nous lui avons demandé de partager son bilan.

 

En 2017, vous veniez d'être élu président de la CME.

Vous aviez alors partagé avec la communauté du CHU votre souhait de faire bouger les lignes : innover dans les soins, la recherche, les organisations, la communication...

 

- Aujourd'hui, après deux mandats, quel bilan dressez-vous des évolutions pour le CHU ?

 

Le CHU, comme tous les établissements de santé est en évolution permanente. Il se redessine au fil des besoins de la société, du vieillissement de la population, des grands enjeux de santé publique. Durant ces huit années de mandat, il a dû affronter de nombreuses crises et s’adapter à chaque fois pour assurer la continuité des soins sur l’ensemble du territoire. Une seule certitude au terme de ces deux mandats, cette dynamique va se poursuivre, c’est inscrit dans l’ADN des hôpitaux publics. 

 

Le bilan de huit années passées à la tête de la CME est très protéiforme. Les grandes évolutions visibles sont bien sûr architecturales, comme la création de l’ICI, la desserte du site de la Cavale Blanche par le tramway, la reconstruction de l’ensemble du secteur médico-social de Carhaix, et tous les projets à venir : la reconstruction de l’hôpital de Bohars, la restructuration des plateaux techniques de la Cavale Blanche…

 

D’autres projets sont moins visibles mais impact la vie quotidienne des professionnels et transforment l’offre de soins. A l’opposé des messages souvent entendus, le CHU de Brest n’a pas fermé de lit durant ces huit années ; il en a même ouvert régulièrement (Unités de gériatrie et UMPU sur Morvan) et porte toujours un projet de réorganisation du capacitaire de médecine. L’ouverture du Centre de Chirurgie Ambulatoire, venu compléter le Centre de Médecine Ambulatoire, a permis de doter le CHU de moyens modernes de prise en charge des patients. Création de l’UNAV (Unité de prise en charge des abords vasculaires), du SAS de psychiatrie, du salon J0 sont autant d’unités apparues au cours de ces quatre dernières années ; elles transforment peu à peu l’organisation des soins et donc la vie des patients. Cette liste est bien sûr non exhaustive !

 

Ce qu’il faut retenir de tout cela c’est le caractère permanent de ces transformations.

 

- Quels projets marquants avez-vous menés au sein de la CME ?

 

Parmi les projets invisibles, mais absolument fondamentaux et impactant la vie de chaque professionnels, la modernisation du Dossier Patient Informatisé est probablement le projet le plus marquant de transformation que j’ai accompagné durant mon second mandat. Echelonné sur plusieurs années, porté par les équipes de la DTSN, ce projet va consister à remplacer, sur l’ensemble des établissements du territoire, le logiciel de gestion de toutes les données patientes. Il sera alors possible de partager ces informations entre l’ensemble des praticiens des établissements de santé du nord Finistère, augmentant la sécurité des soins et leur frugalité en évitant la redondance des examens.

 

La numérisation de l’ensemble de l’activité d’anatomo-pathologie s’inscrit également dans ces chantiers de numérisation des soins, dans la dynamique de modernisation de l’hôpital. L’installation de nouveaux équipements lourds (TEP grand champ), partagés avec la recherche de l’UBO (Scanner photonique), viennent compléter cette dynamique de transformation.

 

Au final, c’est plus une trajectoire, une vision que j’ai voulu porter durant ces deux mandats. Celle d’un hôpital où chaque patient est de passage, où il reçoit des soins de pointe, dispensés par des personnels motivés… Retournant ensuite rapidement près de chez lui, il peut accéder à ses données via son Dossier Médical Partagé…

 

- Humainement, quelle expérience retirez-vous de cette présidence ?

 

Les grandes crises institutionnelles où sociétales sont celles qui indubitablement laissent les traces les plus profondes. Nous avons tous traversé la crise COVID. Soignant ou non, PCME ou non. Durant cette période, en particulier à la phase initiale de l’épidémie, toutes les décisions étaient lourdes de sens. Il m’est arrivé parfois de me demander si les décisions prises la veille n’entraineraient pas le décès de certains de mes collègues… Ce type d’événement, de questionnement, est parfois la cause de nuits sans sommeil rendant l’expérience humaine toute particulière.

 

- Quelles seront vos activités dorénavant au sein au sein de notre institution ?

 

Au terme de 8 années dédiées au service des autres, je vais me concentrer sur le transfert d’activités de recherche que j’ai conduit en parallèle de mes deux mandats sur le thème des prothèses de genou communicantes. Au terme de 7 ans de travail, nous allons créer une entreprise visant à permettre aux produits issus de la recherche d’atteindre le patient, en faisant par la même de vraies innovations médicales. Initiateur de W.Inn (Le centre d’innovation du CHU de Brest), directeur du LaTIM durant près de 10 années, ce retour à l’innovation me permettra de rendre à l’écosystème brestois ce qu’il m’a apporté.