Le CHU de Brest innove avec des toilettes dédiées au recyclage des produits de contraste
Déjà très engagé dans une démarche de "radiologie verte ", le CHU passe à la vitesse supérieure pour limiter ses rejets polluants.
Depuis avril 2025, l’hôpital de la Cavale-Blanche est équipé de toilettes innovantes capables de filtrer près de 99 % de l’iode et du gadolinium présents dans les urines des patients. Cofinancé par le CHU et l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bretagne, il s’agit d’une première en France et seulement la 5ème installation au Monde, après quatre établissements aux Pays-Bas. D’ici la fin de l’année, il y aura d’autres installations en Italie et en Allemagne.
Récupérer les produits de contraste… même dans les urines
En 2023, le service de radiologie du CHU de Brest a injecté 1 226 litres de contraste iodé pour ses scanners et utilise régulièrement du gadolinium pour l’IRM. « Depuis 2021, nous récupérons déjà les fonds de seringues via le programme brestois Megadore (Medical Gadolinium Recycling) », explique le Pr. Douraïed Ben Salem, neuroradiologue. Mais comme une partie importante du gadolinium et de l’iode s’élimine par les urines, il fallait aller plus loin. Les stations d’épuration ne filtrant pas ces substances, elles finissaient dans les rivières, les eaux souterraines et l’eau du robinet. »
Un dispositif de filtration novateur
Développées par la société néerlandaise Zereau BV, ces toilettes fonctionnent grâce à des filtres spéciaux, retenus dans des cartouches amovibles. Installées à mi-chemin entre les trois scanners et les trois IRM de la Cavale-Blanche, elles permettront de récupérer jusqu’à 50 % de la dose injectée dès la première heure. « Les patients recevront un code d’accès pour y accéder juste après l’examen. Une fois les cartouches saturées, nous pourrons les recycler », précise le Pr Ben Salem.
Une stratégie globale pour une radiologie plus verte
Depuis plusieurs années, le service d’imagerie du CHU multiplie les démarches écoresponsables : réduction de la consommation électrique des machines, pertinence renforcée des actes (pour éviter les examens redondants), recyclage du gadolinium et de l’iode, etc. « Nous intégrons désormais la contrainte écologique à chaque étape, insiste le Pr. Ben Salem. Chaque geste, même modeste, contribue à rendre l’hôpital plus vert et plus propre. »