Diabète et obésité : l’innovation à la pointe de l’endoscope

Légende : De Gauche à Droite : Dr Arnachellum (PH), Dr Quénéhervé (MCU-PH), Dr Cholet (PH), Dr Jézéquel (PH)
L’équipe d’endoscopie digestive du CHU participe à un protocole international destiné à évaluer l’efficacité de l’endosleeve, une technique d’endoscopie bariatrique et métabolique. Un traitement résolument innovant contre l’obésité et le diabète notamment.
La prise en charge de l’obésité connaît actuellement une période de pleine effervescence ! Bien sûr, elle repose toujours essentiellement sur les mesures hygiéno-diététiques (alimentation, activité physique…) et sur la chirurgie bariatrique (sleeve gastrectomie, by-pass gastrique…) indiquée en seconde intention, selon les cas.
« Depuis peu, de nouvelles modalités thérapeutiques émergent et viennent ainsi compléter l’offre de soins », précise le Dr Julien Jézéquel, responsable de l’unité d’endoscopie digestive du CHU de Brest. Il fait référence à quelques médicaments tels que les analogies du GLP1 mais aussi à des « techniques innovantes mini-invasives endoscopiques », désormais susceptibles d’être proposées au sein de l’établissement.
Sans incision !
Ce type d’intervention est réalisé sous anesthésie générale, à l’aide d’un endoscope flexible inséré par la bouche. Le principe repose sur un système de suture fixé sur l’endoscope dans le but de réduire le volume de l’estomac en repliant la paroi gastrique. Donc, pas la moindre incision ni cicatrice, pour une intervention appelée Endosleeve qui dure environ une heure et nécessite en général une seule journée d’hospitalisation.
À noter toutefois que cette technique innovante ne peut encore être réalisée en routine, étant donné qu’elle n’est pas pour l’heure, prise en charge par l’Assurance-maladie. Elle ne peut donc être proposée qu’à un nombre limité de patients sélectionnés après une évaluation pluridisciplinaire. Son efficacité a été appréciée au travers d’études préliminaires aux résultats prometteurs : « la réalisation d’une Endosleeve permet d’envisager une perte de poids d’environ 13 à 15 % en moyenne, à un an. »
ESTIME, pour confirmer
Mais ce n’est pas tout : elle permettrait aussi d’améliorer certaines complications associées à l’obésité comme le diabète de type 2, la stéatose hépatique, l’hypertension artérielle ou l’hyperlipidémie. Ces constats doivent toutefois être confirmés par des travaux de plus grande ampleur et c’est tout l’enjeu du protocole de recherche multicentrique ESTIME, auquel est associé le CHU. « Cette étude s’adresse à des patients âgés de 18 à 65 ans, avec un indice de masse corporelle (IMC)* entre 30 et 35 kg/m² et un diabète de type 2 depuis moins de 8 ans traité et équilibré sans insuline. L’objectif principal est de démontrer que l’Endosleeve associée à une prise en charge hygiéno-diététique permet l’allègement ou l’arrêt des traitements antidiabétiques par amélioration du métabolisme, et secondairement d’évaluer la perte de poids ». Les patients éligibles ou leur médecin peuvent contacter l’Unité de Recherche Clinique à recherche.hge@chu-brest.fr pour obtenir des renseignements et vérifier leur éligibilité.
*Poids divisé par la Taille au carré
L’obésité gagne du terrain…
En France, depuis 1997, la prévalence de l’obésité a doublé parmi les adultes, passant de 8,5 % à 17 %. 5,2 % ont une obésité sévère (IMC supérieur à 35). Quant à la surcharge pondérale (IMC supérieur à 25), elle affecte près de 30 % de la population. Les complications associées sont nombreuses : digestives, métaboliques, cardiovasculaires, articulaires…